UFE film 


A défaut de pouvoir formuler un projet de société et des solutions concrètes, un groupuscule imagine une action artistico-politique spectaculaire qui stigmatise le rôle de la télévision dans le chaos qui secoue la société contemporaine. Le passage à l’acte propulse le groupe hors la loi. A partir de là, se manifestent les limites de l’engagement de chacun dans une création collective. Elles brouillent les relations intimes, ébranlent les convictions politiques, modifient le dessein artistique, et transforment, au sein de cette micro société secrète, le fantasme collectif en cauchemar vivant. L’argument fictif propose des situations vécues puis filmées de plusieurs façons déstabilisant notre logique de perception. L’image emprunte les codes de la cinégénie et les artifices du théâtre d’une manière libre et empirique, à la recherche d’une forme allégorique et chorégraphique du récit. L’action est filmée dans un chalet isolé des Alpes et à Nanterre-Amandiers. Le théâtre est un atelier de création et un camp de base, décors d’une fiction dont les protagonistes sont aussi des comédiens, une compagnie, un groupe de rock, un groupuscule, des artistes sans oeuvre qui s’engagent dans une action empirique qui pourrait transformer leur vie. Peut-être. 





























































UFE performance


10 comédiens non danseurs, à la recherche de phénomènes narratifs et d’un discours politique, produisent des actions empiriques qui constituent des propositions chorégraphiques mouvantes. UFE expose la matière « vivante » en regard du film projeté. Une interaction rétrospective ou prospective avec le vivant. Un diptyque allégorique entre le réel et le visuel, le politique et l’artistique. Sur un plateau, dans un espace d’exposition, la performance reconstitue la recherche chorégraphique réelle menée par le groupe en collaboration avec les artistes invités lors des résidences de création : la modification du discours par la chorégraphie et réciproquement. Les actions individuelles ou collectives dessinent une fable absurde: à partir d’arguments fictifs ou documentaires, créer des gestuelles totalement originales, à la recherche de phénomènes narratifs qui produisent des mouvements inqualifiables et un discours singulier, des actions empiriques qui constituent des propositions chorégraphiques mouvantes. L’élan des individus à la recherche de compositions inédites, dont l’épuisement devient un motif, génère l’énergie d’un acharnement absurde, parfois comique, émouvant et désuet. Une sorte de «cérémonial» du travail de création que l’on peut aussi envisager comme une (im-)possibilité de vivre ensemble. Où le projet d’art, inventer des gestes, et le projet politique, inventer des idées, se confondent comme un lapsus amoureux qui pourrait être l’exemple de société révolutionnée (retournée). L’exemplarité se manifeste au niveau des formes en devenir, le corps en action, le désir en mouvement, plus que dans le résultat d’une oeuvre « achevée ». Une chorégraphie spontanée née d’une réflexion politique qui investit le corps parce celui-ci ne triche pas avec la réalité. Le film est diffusé (avant, après, plus tard ou pas) dans son intégralité. 

2013



LEVÉE

avec

Boris Charmatz


cycle de 15 minutes

vidéo HD










Pièce labyrinthique, construite sur un long canon de gestes à la dérive, Levée des conflits est un spectacle impossible à restituer dans sa globalité ; un instantané chorégraphique constitué de 25 gestes simultanés, qu’aucun œil ne peut embrasser d’un seul regard. Plutôt que de chercher par la captation à rendre quelque chose de cette expérience perceptive, César Vayssié a fait le choix d’un film inclassable, entre plongée abstraite, documentaire et film de genre. Tourné dans la Ruhr, sur le site minier de «Halde Haniel» – un immense terril en forme de spirale – son film propulse la danse dans une zone indéterminée, à la frontière entre science-fiction et anthropologie.

Abandonnés sur ce décor lunaire, les danseurs semblent soumis à un mouvement entropique, pris dans la boucle d’un accélérateur de sensations : la fatigue, la répétition, l’âpre lutte avec la matière du geste sont grossis à la loupe, produisant un chaos d’états physiques juxtaposés. Battu par la poussière de charbon, l’objectif se fraie un chemin au milieu de cette masse en déplacement, et dévoile par fragments les figures d’un étrange cérémonial sans autre finalité que l’épuisement des formes et des forces. Qu’y a-t-il à voir ? Quelle perspective adopter ? S’agit-il d’un rite capturé sur le vif, d’un « flashmob » de l’extrême, d’un mouvement de mineurs ou d’un monument éphémère, uniquement visible du ciel ? Passant de la confusion au surplomb, de la sueur à la structure, la caméra nous laisse entrevoir une ébauche de la machine organique et mathématique imaginée par Boris Charmatz : « une danse permanente et infinie, sur la montagne noire de Halde Haniel, pour l’homme l’ayant créée ».

Gilles Amalvi.

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UFE

film et performance


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Festival Ciné-Corps /Odyssée, Strasbourg /12 mars 2016

Actoral.15  / MuCEM /25 - 26 septembre 2015

T2G, Gennevilliers /Une exposition de film /27 mars 2015

Nanterre - Amandiers /30 janvier 2015

Théâtre de la Cité Internationale, Paris /Week-end International à la Cité #6 / ouvertuRepublique /
21 - 22 juin 2014

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